mardi 22 décembre 2009

lundi 21 décembre 2009

Transilien

Rythmé par le train qui passe,
Ma vie s’égraine par rames.
Au jour le jour et par minute.
De ma vie, de ma fenêtre, c’est la trame.
Soleil réchauffant par reflets fuguasses.

Assis, à mon bureau, j’écris.
Dehors, la voie fait passer
Devant moi la population.
Moi, à regarder, cela donne des idées.
Commençant le matin, arrêtant la nuit.

J’aperçois parfois des visages intéressants.
Donnant naissances à poésies et romans.

Des situations rapides,
Des images liquides.

Comme un fil se déroulant.
Une image, u rectangle passant.

La pellicule est projetée,
Ligne droite sur ma cornée.

Chacun dans son monde, ignorant l’autre.
Les vies se croisent le temps d’une seconde.
Persistance rétinienne.
J’imagine les barbus, les brunes ou blondes.
Si je suis Dieu, ils sont apôtres.

VanB, Plaisir, 18.12.09

jeudi 3 décembre 2009

Félin

Tu es là près de moi.
Je te sens et t’entends.
Couché là, je te vois
Assoupi, te reposant.

Toutes tes courbes
Sont précisément dessinées.
Tu veux te reposer
Dans cette atmosphère lourde.

Tu ouvre un œil,
Tu me regarde,
Ecoutes chaque mot que tu recueil
Et qui résonne dans la mansarde.

Ton poil doux et lisse
Réchauffe ma main qui glisse
Tout comme une plume qui choie
Sur une étoffe de soie.

Je t’entends ronronner,
Preuve de ta sérénité.
Tu es là, paisible
Comme un penseur impassible.

Mais soudain tu dresse l’oreille,
Un bruit vient de t’enlever au sommeil.
Fausse alerte, ce n’était rien.
Tu t’es levé pour rien.

Tu tourne et retourne,
Cherche l’endroit idéal
Pour reprendre une position théâtrale.

VanB, Tervuren, 1985

Crime

Le couteau vient d’atteindre le sol,
Son fracas retentit dans le vide.
Ton corps gît là, c’est un homicide.

Ton nom et ton cri
Dans ma tête résonne.
Je suis las, il n’y a personne.

Je réfléchis à mon acte.
Dans cette maison nue,
Je suis devant une femme qui m’était connue.

Il fait sombre et humide
Dans cette pièce, lieu du crime
Où je laisserai une personne anonyme.

Bientôt je partirai,
Laissant ton corps
En guise de rapport.

Tu seras une personne inconnue.
Le crime est parfait.
Je ne t’ai même pas connue.


VanB, Tervuren, 1984

A moi

A moi la mort et la fin
A moi l'âge venant et la peur
A moi de connaître le divin
A moi de libérer une rancoeur

A moi de ne pas connaître
A moi d'être le maître
A moi de vouloir savoir
A moi de ne pas savoir

A moi la vie et l'amour
A moi de découvrir un jour
A moi de décider
A moi toutes les idées

A moi d'être Dieu et maître
A moi de faire naître
A moi de paraître
A moi de disparaître

A moi toutes les audaces et l'enfance
A moi une crise d'adolescence
A moi les jeux d'enfants
A moi d'être insouciant

A moi de naître
A toi d'accoucher

Patrick Vanbeggelaer, SaoPaulo, Brésil. 23.02.00

pensée

on ne compte pas la richesse d'une vie dans un portefeuille, mais on la lit dans le regard des amis

mercredi 2 décembre 2009

Passade

Seul dans une rue tordue
De cette ville fantôme,
Mon âme égarée, partie
Du corps échoué du môme.
Une maison m’appelle, perdue

Déchiré d’amours impassibles
Je tourne et retourne le sentiment
De haine que le miroir renvoi,
Que le miroir reflète lentement
Que la maison avale sur bible

Je repose dans le fond
Perdu des abîmes cernées.
Oublié du peuple rouge
Voué à tourner en rond
A vomir la vérité ingérée

Je serai celui par lequel
La bouche gourmande
Saignera sur la vérité,
Celui rejeté du ciel
Pour mourir sur la lande

Un oeil regarde mon tombeau
Du doigt du Dieu présent
Ecartèle mes ossements
Par certitude que le vent
Emporte le reste de mes eaux

Je serai oublié pour l’avenir
Et mon nom maudit.
Mon âme brûlée de fiel
Et mon corps meurtri.
Je suis, j’étais ton désir



Paterne Gikergbalvac, Bxl, 17.05.05

Goutte

Une goutte perdue dans des litres.
Un amour qui tue et pollue.
Une larme versée, une trace sur la vitre,
Le reste d’une vie dissolue.

On m’a aimé et détesté,
Respecté et dégradé.
J’ai aimé et détesté,
Respecté et apprécié.

Mais personne ne m’a donné ça.
Tu es le seul à m’avoir détruit.
Personne ne m’a laissé la nuit,
Tu es le seul à m’avoir fait ça.

Tu es un meurtrier d’amour
Qui laisse ses victimes affaiblies,
Qui n’a pas de remords de ses actes.
Un être cruel sans règles établies.
Tu pense tuerie quand tu dis amour.

Bientôt je ne serai plus là.
Bientôt tu seras seul sur terre
Sans témoin, ni père, ni mère,
Sans âmes à aimer, qu’un glas.

Sous terre je te maudirai.
Je n’aurai cesse de te détester.
Mais comme toi, mort je serai
Et comme toi, je t’aurai aimé.

Bruxelles, 22.09.05

Création

Mon stylo dessine sur la feuille
Ton image éthérée.
Un souffle vient sécher l'encre
Et emporte le message.
Une larme, encore jeune
Vient tâcher le papier.
L'image parfaite du
Bonheur élaboré.
Le dessin se transforme
Et Disparait.
Telle notre relation,
Tel toi et moi,
Tel le rêve créé.
Je voulais cette histoire,
Réaliser le film culte
Pour avoir un bonheur simple,
Créer, dessiner, réaliser l'amour.

VanB, Bruxelles, 16.11.06

mardi 1 décembre 2009

Après

De feuilles de thés prisent en hiver,
La neige en boule sur l’arbre.
La fenêtre glacée par ses pères,
Le soleil réchauffant le marbre

Tu y es désormais allongé,
Un arbre tend ses branches nues.
Un corbeau mort, éventré.
Une coupe de sang bue

Il restera un lien fait d’amour,
Il restera un espoir de toujours,
Il restera un vide à mes côtés,
Il restera un suicide à affiner

Bxl, 08.06.05